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Lieux / Parcours touristique: tableau n°6 / Incendies, pillages, fusillades

Les dégâts subis par la ville de Namur en août 14

Incendies, pillages, fusillades

Le 14 août 1914, Namur compte ses premières victimes dues à deux bombes lâchées par avion sur le pont de Louvain. Le lendemain, un autre avion lâche des grenades sur la gare. De plus les nouvelles alarmantes des massacres de civils perpétrés par les Allemands depuis leur entrée sur le territoire belge viennent s’ajouter à la panique grandissante de la population. La peur gagne une partie de la population qui fuit vers Bruxelles et la mer du nord. L’inquiétude est aussi accentuée et alimentée par le manque d’informations fournies par les journalistes en raison de la réquisition des lignes téléphoniques et télégraphiques par l’armée. De plus, la ville connaît un important problèmes d’approvisionnement de nourriture qui n’arrive plus en ville, ce qui provoque l’exode d’un certain nombre de la population tandis que de nombreux réfugiés civils arrivent en ville fuyant les villages occupés.

 

Au cours des 20, 21 et 22 août, Namur subit plusieurs bombardements qui touchent le quartier de la gare et plus précisément le boulevard du nord, le faubourg de Bomel et la place Léopold lors de l’attaque lancée contre les forts de la Position fortifiée de Namur (P.F.N). Des rumeurs évoquent la possible chute des forts. Cinq obus s’abattent sur la Grand-Place 1 et la rue du Pont, tuant aussi bien des militaires que des civils et détruisent l’hôtel de la Citadelle. Grâce à l’arrivée de renforts français le 22 août, la population namuroise connaît un renouveau d’espoir, mais ce dernier sera de courte durée.

 

Le 23 août, les militaires, qui avaient mis en état de siège Namur dès le 05 août, remettent les pouvoirs aux autorités civiles en la personne du bourgmestre Arthur Procès et du 1er échevin Fernand Golenvaux avant de quitter la ville. La garde civique est dissoute. Le même jour, à l’heure de l’office dominical, les Allemands font leur entrée à Namur par la chaussée de Louvain, traversent le pont et pénètrent dans le centre de Namur par la rue Lucien Namêche. Ils sont arrêtés en haut de la rue Pépin par un peloton de soldats belges qui fait preuve d’une résistance de courte durée. Les soldats allemands stationnent sur la Grand-Place sous le regard curieux de la population. La tenue et l’ordre des troupes allemandes lors de leur entrée dans la ville impressionnent fortement les civils. Les forts de Namur résistant toujours, l’espoir subsiste encore parmi les Namurois.

 

L’autorité allemande envoie deux parlementaires allemands aux côtés du bourgmestre Arthur Procès pour imposer la reddition de la P.F.N. Pendant ce temps, en ville, les Allemands traitent les civils comme des "francs-tireurs" potentiels et les autorités sont retenues en otage. Suite au non-retour des parlementaires et du bourgmestre dans les délais impartis, les Allemands incendient le 24 août toutes les habitations situées dans les environs de l’Hôtel de ville qui est également la proie des flammes la nuit suivante. La mise à feu de l’Hôtel de ville fait disparaître un grand nombre d’archives communales couvrant la période 1815-1914 mais également de nombreuses œuvres d’art. Les maisons de la rue Rogier, de la Grand-Place, de la place Léopold, du quartier Saint-Nicolas, de l’Avenue Albert 1er et de la Plante sont mises à feu. Au matin du 26 août, la Grand-Place n’est plus qu’un amas de ruines fumantes. Les pertes humaines et matérielles sont importantes: une trentaine de civils est fusillée et 109 maisons sont incendiées. Les Namurois qui fuient leur maison en flamme sont froidement abattus tandis que les pompiers sont empêchés d’éteindre les incendies par les soldats allemands qui crèvent leurs tuyaux. Deux cents otages sont emprisonnés au Grand manège. Les hommes sont alignés debout sans pouvoir bouger sous peine de mort tandis que les femmes et les enfants sont enfermés dans un autre bâtiment. Fernand Golenvaux, désigné bourgmestre faisant fonction, est désigné pour accompagner à nouveau les parlementaires allemands à la recherche de l’état-major belge. La mission est un succès et les Allemands obtiennent la reddition de l’autorité militaire namuroise tandis que le bourgmestre obtient la libération des otages.

L’autorité allemande met alors en place un régime d’oppression, de terreur et d’asservissement pour annihiler toute résistance : le quotidien catholique, l’Ami de l’Ordre, est mis sous censure allemande ; la population doit impérativement livrer tous soldats qui se cachent ainsi que leurs armes ; afin de réparer les dégâts causés lors du siège de Namur, la Ville doit payer une lourde indemnité financière ; interdiction d’utiliser des pigeons voyageurs ; couvre-feux ; réquisitions ; etc.

  • 1. Actuellement, « Place d’Armes »
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