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Lieux / Parcours touristique: tableau n°4 / Quartier de la cathédrale Saint-Aubain

Les Namurois et l'annonce de l'entrée en guerre

Quartier de la cathédrale Saint-Aubain

Sur ce panneau, Namur est la victime d’incendies violents. Dans la fumée dégagée par ceux-ci, se dressent les clochers des églises locales et le dôme de la cathédrale Saint-Aubain.

À la fin du mois de juin 1914, les Namurois ne se sentent pas très inquiétés par l’attentat de Sarajevo où l’héritier autrichien s’est fait tué par un extrémiste serbe. La ville se prépare à accueillir le Roi et la Reine, Albert et Elisabeth, lors de leur Joyeuse Entrée prévue le 02 août tandis que les écoliers entament sous le soleil, leurs vacances. À la rumeur du report de la visite royale suite aux événements internationaux, les autorités municipales se veulent rassurantes et démentent catégoriquement cette information. Cette volonté de rassurer la population namuroise s’accentue lors de la mobilisation des forts de la Meuse et le rappel de trois classes le 31 juillet qu’on décrit comme une « mesure de prudence ». Le 1er août, l’annonce est officielle : le roi et la reine ne viendront pas à Namur en raison de la gravité de la situation internationale.

Le 04 août, les Allemands déclarent la guerre à la Belgique qui n’a pas répondu favorablement à leur ultimatum. À Namur, diverses réactions sont perceptibles : certains se veulent rassurés par les mesures prises pour assurer la sécurité de la ville comme la mobilisation des forts ou l’installation de barbelés dans les intervalles des forts, d’autres s’inquiètent et craignent les bombardements ou comparent les forces en opposition. Certains cèdent même à la panique comme c’est le cas devant les banques où les gens se ruent pour récupérer leur argent. Le sentiment patriotique l’emporte toutefois. Les directives sont données aux gouverneurs et aux bourgmestres en matière de réquisitions. Une commission est créée afin de veiller à l’approvisionnement de Namur et de ses environs (répression des stockages abusifs, des prix, etc.). Les Namurois se rendent peu à peu compte que la guerre est à leur porte mais ils continuent à conserver un certain espoir et ne se gênent pas de décorer les rues avec les couleurs nationales.

L’état de siège est décrété le 05 août par le général Michel. Les recruteurs accueillent les mobilisés sur la Place Saint-Aubain tandis que l’autorité municipale passe aux mains des militaires. Plusieurs mesures sont prises pour garantir la sécurité de la population : les moyens de locomotion sont réquisitionnés ; les rues sont à présent réservées aux militaires et à leurs chariots ou encore certains services urbains sont mis en arrêt comme celui du ramassage des détritus. Tous les civils de nationalité allemande et autrichienne sont expulsés de la ville. À partir du 06 août, les personnes souhaitant entrer à Namur, doivent être munies d’un laissez-passer délivré par la juridiction militaire.

L’ennemi sera attendu de pied ferme par les Namurois jusqu’au 20 août. Durant cette période, le manque d’information officielle alimente les rumeurs les plus invraisemblables. Cette période sera néanmoins mise à profit pour réaliser des travaux d’aménagement des forts et des intervalles. En voyant l’ampleur des travaux réalisés, les Namurois auront une parfaite confiance en la Position fortifiée de Namur (P.F.N) renforcée par la résistance de la Position fortifiée de Liège.

La ville de Namur est un élément essentiel pour les Allemands. Cette ville, traversée par de nombreuses lignes ferroviaires, est indispensable pour le ravitaillement des troupes françaises. En raison de l’expérience vécue à Liège, l’armée allemande décide de changer de tactique pour l’attaque de la P.F.N. Cette fois, elle va d’abord s’attaquer à la ceinture fortifiée avant d’essayer de prendre possession de la ville. Les tirs dureront 3 jours et 3 nuits jusqu’au 23 août. Dans le même temps, l’ennemi est entré à Namur.

Dans le quartier de la Cathédrale Saint-Aubain et de l’Université de Namur, les Namurois qui ont déjà subi de nombreux bombardements et incendies continuent à « résister » à leur manière afin de garder la tête haute face à l’envahisseur. C’est le cas de Monseigneur Heylen mais également des civils qui érigent un hôpital dans le quartier pour venir au secours des soldats blessés lors de l’attaque des forts de Namur.

En août 1914, Monseigneur Heylen est détenu comme otage durant plusieurs jours. Les Allemands responsabilisent le clergé belge d’être le principal acteur de la résistance armée opposée aux envahisseurs allemands (les « francs-tireurs »). L’évêché ne s’empêchera cependant pas de protester contre ces accusations par la plume du chanoine Schmitz. Jean Schmitz, secrétaire de l’évêque de Namur est un témoin privilégié du contexte souvent conflictuel avec l’occupant. En effet, il est chargé de la correspondance de l’évêque, il gère les documents comptables du diocèse, il conduit les enquêtes diocésaines et est surtout tenu de conserver les archives épiscopales. Mgr Heylen résistera moralement à l’envahisseur allemand et aux mesures prises par celui-ci tant qu’elles lui sembleront dépasser certaines limites.

 

 

 

Rue Lelièvre, à deux pas des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix, un hôpital est établi dans l’école moyenne des filles1. Cet hôpital soigne des blessés légers français ou des belges brûlés en défendant les forts autour de Namur. En effet, les soldats cantonnés au fort de Marchovelette ont subit une importante explosion due à un obus qui tomba sur une poudrière du fort et qui provoqua l’explosion qui les brûla atrocement en août 1914.

 

  • 1. Les bâtiments ont été aujourd’hui remplacés par ceux du Lycée Blanche de Namur.
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