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Lieux / Parcours touristique: tableau n°2 / Le plan Schlieffen et les premiers combats: Position fortifiée de Liège (P.F.L)

L'arrivée des Allemands à Liège en août 1914

Le plan Schlieffen et les premiers combats: Position fortifiée de Liège (P.F.L)

Ce second tableau du diorama d’Alfred Bastien saisit les travailleurs en train de récolter les moissons sur les collines généreuses du pays mosan dans les environs de Liège. C’est le « calme avant la tempête » provoquée par l’appel à la mobilisation le 31 juillet 1914 et surtout les premiers combats autour de Liège au début du mois d'août 1914.

La majorité de la population wallonne en août 1914 travaillent dans les champs au rythme des saisons et du soleil. Le paysan se lève à l’aurore et se couche avec le soleil. Ceci explique les longues veillées d’hiver et les longues journées de travail estivales.En ces premiers jours du mois d’août 1914, les paysans liégeois sont encore aux champs en pleines moissons. Le décor paysan semble avoir été volontairement recomposé par l’artiste peintre de la toile pour accentuer l’esprit de la rupture entre le temps champêtre d’un certain bonheur et le temps de la guerre qui s’impose avec la mobilisation de l’armée belge symbolisée par la représentation des canons. Les paysans partagent alors des craintes communes quant au devenir de leurs récoltes. En effet, de nombreux hommes et chevaux sont réquisitionnés par l’armée ce qui perturbe considérablement le bon déroulement du labourage des champs.

Suivant le plan Schlieffen, les Allemands décident de traverser la Belgique neutre pour éviter les fortifications françaises lorraines afin d’attaquer son adversaire prioritaire : la France, alliée de la Russie. L’objectif est de battre la France en six semaines pour pouvoir ensuite retourner l’armée contre les Russes à l’Est. Pour assurer le bon déroulement du plan Schlieffen, les Allemands doivent attaquer la position fortifiée de Liège (P.F.L) et la vaincre le plus rapidement possible. La P.F.L est constituée de 12 forts capables de résister à des obus d’un calibre de 210 mm maximum. Les forces belges chargées de la défendre sont constituées de la 3ème Division d’armée du général Leman, de la 15e brigade mixte de la 4ème Division d’armée et des régiments d’infanterie de forteresse. Six brigades de l’armée allemande sous le commandement du général Otto von Emmich (appelées « armée de la Meuse ») reçoivent l’ordre le 05 août 1914 d’attaquer Liège afin d’ouvrir la voie à travers la Belgique aux 1ères et 2èmes armées allemandes. Ils rencontrent une grande résistance des Liégeois qui défendent vaillamment le pont de Visé, ce qui oblige les Allemands à devoir descendre le fleuve jusqu’au gué de Lixhe où une seule des six brigades parvient à briser la ceinture des forts. Le Général Leman n’ayant plus de réserves, décide alors de concentrer son effort sur la P.F.L et installe son Quartier général (QG) au Fort de Loncin.

Les Allemands, quant à eux, en guise de représailles, bombardent la ville le lendemain, 06 août 1914, causant la mort de 9 personnes. C’est le premier bombardement aérien de l’Histoire. Les premiers Allemands entrent en ville le 07 août et prennent le contrôle de la Citadelle et de la ville de Liège. Comme la résistance des forts continue, les Allemands y installent des canons de gros calibres (305 mm et 420 mm) pour attaquer les forts à revers, alorsque ceux-ci n’avaient pas été conçus pour subir des bombardements de l’intérieur de la ceinture défensive et encore moins pour résister à de tels calibres d’obus. Jusqu’au 16 août, ils vont subir les bombardements incessants de l’armée allemande jusqu’à la capitulation du dernier fort encore debout, celui de Loncin où le général Leman avait installé son QG. Le général, quant à lui, sera fait prisonnier par les Allemands.

La guerre est terminée pour les Belges à Liège. Toutes les troupes de forteresses qui sont restées dans la place après le 06 août sont faites prisonnières à mesure que les forts tombent pour être ensuite acheminées vers l’Allemagne dans des camps. Le 16 août, l’armée allemande contrôlant la ville et la P.F.L, peut se mettre en route vers Bruxelles, Namur et Anvers. Dès le matin du 18 août, après la chute de Liège, le Roi Albert ordonne la retraite sur la ligne Aarschot-Bauchevain puis sur la Dyle. De même, sur la Meuse, Andenne est évacuée tandis que les ponts sont détruits et l’important tunnel ferroviaire de Seilles est obstrué. Malgré la puissance de l’attaque allemande, les soldats belges parviennent à se réfugier dans la place forte d’Anvers durant la nuit du 19 au 20 août.

Contrairement à ce qui a été écrit à l’époque, la résistance liégeoise n’a pas été une grande victoire militaire et n’a que peu bouleversé le déroulement des plans allemands. Mais ce fût une victoire « psychologique » qui a laissé dans la mémoire collective, notamment à l’étranger, l’image d’une Belgique vaillante et résistante. À Paris, les garçons de café parisiens décident de nommer le café « viennois », café « liégeois » et la station de métro « Berlin » est rebaptisée « Liège » en l’honneur de cette vaillante résistance. Le général Leman sera quant à lui, considéré comme le symbole de la résistance de la Belgique et la Ville de Liège recevra la Légion d’honneur.

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